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LA COMPAGNIE ANTONIO GADES

La compagnie

Peu avant sa mort, Antonio Gades créa une fondation pour assurer l’intégrité et la défense de son patrimoine artistique, ainsi que la diffusion et la survie de ses cinq grands ballets. Dirigée par sa veuve Eugenia Eiriz avec l’appui d’un de ses plus proches collaborateurs Josep Torrent, et présidée par María Esteve (fille de Gades et actrice), la Fondation concentre son activité autour de quatre pôles clés : conservation, diffusion, formation et action sociale. Pour ce faire, la Fondation conserve et répertorie les fonds documentaires qu’Antonio Gades laissa à sa mort, soutient financièrement et surveille la reconstitution de ses chorégraphies, édite des séries de publications permettant d’approfondir son œuvre et organise des activités pédagogiques destinées à rapprocher le grand public de la danse espagnole et du flamenco.

La création de la Fondation Antonio Gades est l’occasion de la renaissance de la Compagnie Antonio Gades, que le chorégraphe avait dissoute lui-même en 1998. La Compagnie compte actuellement une trentaine de membres. En résidence à Getafe depuis 2006, elle est dirigée par Stella Arauzo, partenaire de Gades sur scène et elle-même ancienne titulaire du rôle de Carmen.

Véritable gardienne du répertoire du légendaire chorégraphe, quoiqu’ouverte à l’innovation, la Compagnie est aujourd’hui un pilier majeur de la danse espagnole et du flamenco, et peut se concevoir comme le parangon d’un style devenu une référence incontournable. Toujours composée de danseurs qui travaillèrent aux côtés du maître d’Alicante, elle s’est donnée pour mission d’aider les nouveaux membres à assimiler la philosophie esthétique et éthique que ce dernier appliquait à la danse. Leurs spectacles, qui sont toujours exécutés avec la rigueur, le talent, l’unité conceptuelle et la profondeur qu’exigeait Gades de son vivant, sont peut-être le moyen le plus efficace de diffuser l’intensité de son art. Ce dernier puise autant dans la richesse du folklore espagnol et des formes d’expression populaire que dans l’héritage historique et dans le langage du ballet classique. Ce travail, parallèlement à celui qu’effectue la Fondation, est ce qui permet à ce jour aux nouvelles générations de danseurs de connaître l’héritage et la figure mythique d’Antonio Gades, ainsi que de découvrir son « pour quoi je danse ». Comme il le disait souvent : « La danse, ce n’est pas seulement des pas, c’est ce qu’il se passe entre les pas ».

Depuis 2004, la compagnie Antonio Gades est en tournée sur les scènes les plus importantes d’Espagne et du monde, où elle présente en continu à un public toujours ravi les ballets légendaires du maître. En reconnaissance de son travail, mais aussi en tenant compte de la popularité de ses différentes productions en Espagne, la compagnie s’est vu décerner plusieurs prix. On compte notamment le Giraldillo d’Or de la Biennale du Flamenco de Séville, le prix Demofilo de la Fondation Machado et le Prix du Teatro Rojas de Tolède, octroyé par le public. En décembre 2012, la compagnie Antonio Gades monte sur les planches parisiennes du Palais des Congrès, et présente pour la première fois en alternance Noces de Sang, la Suite Flamenca, Fuenteovejuna, d’après Lope de Vega, et enfin la fameuse Carmen. Un franc succès puisque près de 20 000 spectateurs sont venus rendre hommage au génie du chorégraphe.

Le chorégraphe

FAG fot dig 82Danseur élégant et personnalité charismatique, l’espagnol Antonio Gades (1936 – 2004) a dédié sa vie au flamenco et à la danse espagnole, les faisant descendre des tables des tavernes et des podiums des fêtes folkloriques pour leur ouvrir les portes des théâtres. Il a réussi à en faire un art dramatique, en théâtralisant ses chorégraphies, et en ôtant l’aspect exhibitionniste et gratuitement virtuose qui menace parfois d’envahir la scène. Il a marqué l’histoire de la danse espagnole par son style nerveux et intense, par son goût de la sobriété, de la verticalité et de la stabilité, mais aussi par son profond respect de la tradition.

Gades a créé de véritables « ballets », c’est-à-dire des spectacles narratifs inspirés de grandes œuvres littéraires, où les interprètes sont autant danseurs que comédiens. Sa première œuvre chorégraphique, Bodas de Sangre / Noces de Sang (1974), conçue d’après la pièce de Federico García Lorca, est significative de ce style plus épuré, plus sobre, allié à un jeu passionné et vrai.

En 1978, après la chute du régime de Franco, le nouveau gouvernement espagnol le charge de mettre sur pied le Ballet National d’Espagne. Gades y fait figure de « maître » et influence profondément les nouvelles générations, celles qui, aujourd’hui, renouvellent le flamenco (Sara Baras, Eva Yerbabuena, Andrés Marin, Israël Galván).

Sa rencontre en 1981 avec le cinéaste Carlos Saura est décisive : tous deux transposent le ballet Noces de Sang au cinéma. Le film remporte un énorme succès dans le monde entier. Ils récidivent avec Carmen en 1983, puis avec Fuego / L’Amour Sorcier en 1986, élargissant de plus en plus le public de cette danse qui n’est plus seulement espagnol, mais tend à l’universel.

Révolutionnaire et novateur, Antonio Gades, ni gitan ni andalou, a su incarner le flamenco dans toute sa pureté primitive. Si Gades n’a pu achever son Don Quichotte, il a toutefois laissé derrière lui une œuvre immortalisée notamment par la trilogie cinématographique réalisée avec Carlos Saura.